Aujourd'hui13
Hier50
Cette semaine277
Ce mois1816
Total221274

Chapitre 192

Intronisation de Messire Francis LECLER (Marc NAVETGrand Rhétoriqueur)

Francis leclercCher Francis, vous introniser aujourd’hui est pour moi un honneur car nous avons grandi dans le même pâté (de) maison, nous avions le même facteur de part et d’autre d’une même route, d’une même rue, d’un même axe dédié à un autre facteur (d’instruments, cette fois), Adolphe Sax.

Des primaires à Saint-Perpète où M. Lurquin, d’un air faussement débile, vous demandait de lui rapporter, pour demain, du boudin de crocodile. Des secondaires commencées à Malonne à l’institut Saint-Berthuin mais où le statut d’interne ne vous convenait pas trop bien. Puis les études de boucherie où il fallait tailler des bavettes mais en fermant son bec, où vous avez appris à distinguer, au premier coup d’œil, les steaks des pastèques et où il fallait exécuter les gestes de découpe comme le montraient les enseignants sur des carcasses de viande dont vous vous décarcassiez en saignant. Et surtout alors ne pas glisser par inadvertance dans l’hémoglobine et risquer malencontreusement de se casser la bobine.

Notez que, pour la formation de futurs bouchers, il est bon, de temps en temps, de savoir se ...viander !

Puis il est temps de trouver une compagne efficace et proprette. Vos parents craignaient que vous ne fassiez ...une boulette.

Ils espéraient que vous tomberiez amoureux d’une jeune fille qui vous convienne Pas une fainéante. Ni une droguée. Ou pis que ça : une végétarienne !

Vous rencontrez alors Maggy dont le regard attendrit sœur, père et mère d’un même coup. Elle vous fit un effet bœuf. Et comme elle avait les seins doux,

vous l’avez emmenée dans votre chambre... froide et, très vite, lui avez fait deux lardons. Francis fut donc très bien épaulé. Il a toujours travaillé avec rigueur et précision. Alors que d’autres bouchers se font seconder par une multitude de bras où chacun s’affaire : certains servent ici, d’autres servent là. Vous, vous travailliez en famille, intensément sans beaucoup de pauses. Et, alors que vos concurrents multipliaient les préparations en sauce qu’ils pensaient être plus appétissantes juste parce que les sauces y sont. Vous, vous privilégiez les matières premières de qualité et la fabrication « maison ». Et, de toutes façons, dans le cochon, tout est bon, chère Madame. D’où qu’il vienne : depuis le cochon d’Inde jusqu’au porc d’Amsterdam !

Connu dans le quartier comme quelqu’un de serviable et de dévoué, avec votre bichon, sur le boulevard, un matin, vous apercevez la sacoche qu’une dame distraite, sur le toit de sa voiture, a oubliée. Vous appelez immédiatement la police pour le signaler. Deux agents arrivent très vite sur place, se mettent à rigoler et surtout à vous expliquer qu’en réalité, il ne s’agit pas du tout d’une sacoche, d’une trousse, d’un plumier en cuir verni mais de la housse de protection de l’enseigne lumineuse d’un taxi qui, ce jour-là, n’est pas en fonction. L’incident est clos. La maréchaussée tourne bride et notre boucher tourne ...dos.

Alors que fin d’année, on procède à l’élection de miss Univers dans un pays lointain, Vous, les charcutiers, c’est tout l’inverse, vous préférez élire le plus beau ...boudin. Aux noix, au spéculoos, aux pruneaux, aux raisins avec un maximum de persil selon la recette familiale et, nul doute qu’il serait fier de vous, votre père s’il était encore là de vous voir honorer la devise : « Un esprit sain dans un porcin ! » Vos clients ont fait des kilomètres pour acheter vos hectomètres de boudin qui auraient pu enguirlander bien des sapins de Noël sans aucun mal. Très souvent récompensé, mais quand on connaît vos initiales et, même si les médailles reçues ne sont pas olympiques, elles, je Paris qu’on aurait pu aller jusqu’à vous ériger une tour « F.L. ».

Vous aimez les cochons : même si tôt ou tard, vous finissiez toujours ...par leur rentrer dans le lard ! Oui, vous aimez les cochons. La preuve : vous avez un Sanglier comme beau-frère. En revanche, vous n’aimiez pas la bureaucratie et toute sa paperasserie austère. Quand il fallait, tous les trimestres, entériner les chiffres dans votre comptabilité, je comprends que vous préfériez, et de loin, en-terrine-r...les pâtés.

Après des années de bons et aloyaux services, vous arrêtez le travail, enfin ! Votre retraite, est d’ailleurs aussi bien préparée ...qu’un américain. Vous auriez pu visiter les basses-côtes ...de Normandie pour y faire des balades ou, voyager dans les Caraïbes, sur l’île de la Barbaque...euh... de la Barbade, Non. Même un city-trip à la mode de Caen ne vous tente guère. Vous préférez deux autres contrées, deux autres pays, deux autres univers : la côte d’Yvoir, celle qui mène au Tricointe, à une dizaine de kilomètres d’ici et le labrador, pas la province canadienne, mais le chien que sortez faire pipi.

Plutôt que bâtir des châteaux brillants en Espagne et les payer rubis sur l’onglet, vous préférez, en vacances, votre appartement près de Salou, modeste et douillet, où vous passez le plus Lecler de votre temps à profiter du soleil et à vous prélasser en écoutant la musique qu’écoutent les charcutiers à mon avis : les chansons du groupe Abats ou les 4 salaisons de Vivaldi...

Arbitre de football sur tous les terrains, à tous les niveaux. Vous avez même arbitré une rencontre de jeunes internationaux de 18 ans à Ciney, ville réputée pour ses belles bières et ses bovins.  Quand, vous entrez sur le terrain, comme Manneken-Pis, le sifflet à la main votre bouche est sévère alors qu’au boulot, toujours votre ...bouche rit ! Et il est vrai que le football fait partie intégrante de votre vie. Vous êtes fervent supporter du FC Barcelone, en Catalogne. Et comme le grenat de leur maillot s’apparente au rouge de notre bourgogne, vous allez à présent en déguster. Je ne vais pas prolonger l’attente. 

Ah, oui, encore une chose : désolé, dans la flamiche, ‘y pas de viande...

Chapitre 191 (M. Motte l'Avenir)

191Le début du mois de septembre ramène, à Dinant, les festivités autour de la spécialité copère: la flamiche. Samedi soir, la royale confrérie des quarteniers de la flamiche dinantaise (CQFD) a embaumé l’hôtel de ville puis la station balnéaire. Avant de fêter son 191e chapitre, c’est dans les ateliers des boulangers-pâtissiers, Frippiat et Defossez que l’embaumement était le plus fort.

Pas étonnant: les deux boulangers avaient reçu de la confrérie une commande de 130 flamiches. Soit le total des ingrédients pour la fabrication de cette spécialité: 73 kilos de pâte, 32 kilos de beurre, 65 kilos de boulette (fromage) et près de 1 700 œufs, sans oublier poivre et sel. La flamiche doit aussi être arrosée d’un bon Savigny. Comme les 280 bouteilles de Savigny-village de 2014, servies à la disnée, où plus de 500 personnes ont banqueté. Lors du chapitre, de nouveaux quarteniers ont prêté le serment de ne jamais renier ni la flamiche, ni Dinant. Cela valait bien un Savigny-village de… 1988.

Cela permettait également à chacun des huit nouveaux quarteniers, après une sonnerie des Veneurs de la Meuse, de mieux avaler une harangue toujours très humoristique. Sept membres du Grand Conseil en ont profité pour présenter non seulement le curriculum vitae de leur filleul, mais aussi pour leur rappeler des moments joyeux, parfois étonnants, de leur vie, de leur jeunesse et faisaient état de leurs hobbys.

Promotions

Le 191e chapitre a été l’occasion de promotions pour les plus fidèles des quarteniers. Plusieurs ont ainsi été promus Grand Officier: Pascal Deresteau et Marc Drugmand. Ensuite, Jean-Michel Bartelous, Christophe Fournaux, Manuel Hiernaux et Frdéric Rouard ont été faits Commandeurs. Enfin, Victor Floymont a accédé au grade de Commandeur major, la promotion la plus haute. 

Chapitre 189

De nouveaux confrères et 136 flamiches dégustées (Lavenir.net)

Le 3ieme samedi d’avril ramène, à Dinant, le chapitre de la confrérie des quarteniers de la flamiche dinantaise (CQFD). La tradition a été respectée. Grand Conseil, cadets, futurs Quarteniers, Veneurs et public se sont ainsi retrouvés dans les salles de mariages et du conseil communal. Le titre de Grand Bailly de Monseigneur le Roy revenant traditionnellement au bourgmestre de Dinant, il revenait à Thierry Bodlet d’accueillir tout ce petit monde, tandis que le Grand Maître, Henri Bourdon, situait le chapitre dans l’ensemble des chapitres de l’année.

Celui-ci était le 189e de la série. On y a intronisé six personnes. C’est moins qu’habituellement. Dans le discours de leurs parrains, on n’a pas manqué, comme c’est l’habitude de les chambrer plus ou moins fort. C’est l’exercice qui précède le serment de rester fidèle à Dinant et à sa flamiche. Selon la tradition, ils dégustent le vin de Bourgogne après que le Grand Bailly de Monseigneur le Roy leur a mis le gorgerin au cou.

136 flamiches et 300 flacons de Bourgogne

Les flamiches avaient été préparées par deux pâtissiers dinantais, Michel Frippiat et Michel Defossez. Ils en ont cuit 136 au total pour le chapitre et, surtout, pour la disnée qui suit celui-ci. Les nouveaux quarteniers auront eu aussi le plaisir de déguster un Savigny premier cru de la réserve de la Cousinerie de Bourgogne. 300 flacons en ont été servis aux hôtes, à la salle balnéaire

Des intronisations

La confrérie a accueilli deux nouveaux cadets: Édouard Lurquin, de Dréhance, et Nathanael Rivir, de Lisogne. Ils protégeront le Grand Conseil et monteront la garde avec fanions, pendant le chapitre ou lors de sorties en ville. Alexandre Blondiaux, fils d’un Dinantais bien connu, habitant dans le nord de la France, à Mons en Baroeul, a été épinglé gentiment par Benoît Mahy. Adrien de Wasseige, un étudiant habitant Jambes a été évoqué par Aurélien Scaillet et Thibaut Delaey, un avocat de Dinant, par Henri Bourdon. Axel Tixhon s’est chargé de Thomas Delatte, un étudiant de Dinant, ne le ménageant pas, lui rappelant les beaux jours chez les scouts d’Anseremme où Thomas avait le surnom de Croquette.

Le Grand Rhétoriqueur, Marc Navet, fera passer un mauvais moment teinté d’humour, heureusement, à Olivier Desaintghislain, de Waulsort, membre de la confrérie dinantaise des Mougneux d’coutches et porteur du géant Adolphe Sax. Du genre: "Vous avez un débit de paroles précipité, plus rapide que la normale car votre cerveau fonctionne bien plus vite que vos cordes vocales: les syllabes se bousculent et les mots peinent à venir…"

Dernier intronisé: Jérôme Labeeeuw, un ouvrier de Dinant que martyrisera légèrement Luc Hamtiaux.

Il y a eu sept promus, cette fois, suivant leur ancienneté et la participation régulière à la disnée de la confrérie. Promus Grand Officier: les frères Philippe et Jean-Olivier Meyfroidt, de Dinant et Roland Degehet, d’Yvoir; Commandeur: Bertrand Lurquin, de Dréhance et Commandeur major: Roland Chartier, de Sorinnes, l’échevin Robert Closset et Robert Étienne, de Spontin. (Michel Motte)

187° Chapitre

DINANT  (Lavenir.net)

On attendait cette disnée depuis 963 jours! - Le roi de la flamiche a mangé 9 morceaux, la reine en a mangé 4

CQFDRoi1872 

Le 187e chapitre de la flamiche a débuté sous une température lourde et s’est achevé sous le grondement d’un orage. Pour la disnée qui a suivi, et qui accueillait 470 convives, il faisait un peu meilleur. À côté des 125 flamiches commandées chez les boulangers-pâtissiers Frippiat et Defossez, la confrérie avait aussi prévu 280 flacons de Savigny-les-Beaune de l’année 2014, signé Pavelot, vigneron et lui-même quartenier d’honneur. Cette disnée, à cause du Covid, on l’attendait depuis 963 jours!

Six nouveaux quarteniers

Six nouveaux quarteniers d’honneur ont été accueillis, parmi lesquels quatre Dinantais. Il s’agit de Philippe Lonnoy, Dinantais instituteur à Philippeville; Bastien Scouperman, un infirmier d’Anseremme; Philippe Henin, le commissaire de police en retraite de la zone des Arches, des Isnes; Jean-Luc Mossiat, un agent pénitentiaire de Bouvignes; Yvan Serré, un pompier en retraite, de Dinant; Stéphane Vandesande, le directeur du Conservatoire Adolphe Sax – Arts et scène.

Trois quarteniers d’honneur, en raison de leur ancienneté et de leur fidélité à la confrérie, ont redit leur serment dans les mains du grand bailli, le bourgmestre Thierry Bodlet, et ont été promus grands officiers. Il s’agit de Léon Charlot (Purnode), Philippe Laduron (Celles) et du Dr Abdi Roudbar (Dinant).

Du vin pour économiser l’eau

Le grand échanson Godefroy Perot a glissé quelques saillies aux nouveaux venus et promus, en lien avec leur métier. À Philippe Henin: «En tant qu’ancien policier, j’imagine que vous boirez du Savigny de façon responsable. Comme moi! Je n’en renverse jamais une goutte.» À Bastien Scouperman: «Lever le coude reste une excellente excuse pour ne pas baisser les bras! Et ouvrir une bouteille de vin active quatorze muscles!» À Yvan Serré: «Je fais tout pour aider la nature et les pompiers. Si je bois du vin, c’est surtout pour économiser l’eau!» Au docteur Roubdbar, enfin: «Tu connais le secret pour apprécier un bon vin: le servir dans un beau verre et le laisser respirer; s’il n’a pas l’air de bien respirer, tout de suite, lui faire du bouche-à-bouche!»

Second volet du week-end saisonnier de la flamiche: le concours du plus gros mangeur de cette spécialité dinantaise. Sous la forte température de dimanche, l’appétit était moins pantagruélique que d’habitude. Seize flamiches, soit 128 morceaux, fabriquées par le pâtissier Michel Defossez, étaient à avaler. La vingtaine de concurrents, parmi lesquels trois dames, n’en ont mangé finalement qu’une centaine, le reste étant distribué au courageux public qui fondait au soleil. Il faisait une telle chaleur que le quartenier Axel Tixhon a dû ventiler un concurrent avec sa barrette…

Le gagnant de cette édition est Olivier Capelle, un sexagénaire de Durnal, ancien chef d’atelier à la Ville de Dinant et ingénieur à la Ville de Namur, avec quasiment neuf morceaux de flamiche. Mme Vandenbroek, une habituée du tournoi et première dame au classement, en a pour sa part enfilé quatre. Les deux concurrents ont été couronnés par le bourgmestre, Thierry Bodlet. À noter qu’Édouard Capelle, le fils du vainqueur, a ingurgité cinq morceaux de flamiche.

Le concours, d’une durée de 45 minutes, s’est déroulé sous l’œil des géants dinantais et du Cheval Bayard. Il a été animé par la chorale des Joyeux quarteniers. Celle-ci compte un nouveau membre : le talentueux musicien Alain Crépin, ancien chef de musique de la Musique de la force aérienne.

CQFDRoi1872

Pour donner la pleine mesure de ce concours, rappelons la recette de fabrication de la flamiche: 500 g de pâte de pain améliorée, 250 g de beurre, 500 g de fromage boulette (de Romedenne), 13 œufs (tarte de 30 cm) ou 15 (tarte de 35 cm), poivre (beaucoup) et sel. Cuire au four à 220 degrés pendant 20 minutes. Déguster la flamiche dès sa sortie du four, en l’accompagnant d’un excellent vin de Bourgogne. (Michel Motte)