La confrérie des Quarteniers de la flamiche a innové lors de son 200e chapitre. Elle a mis à l’honneur 5 illustres Dinantais ayant une rue à leur nom. (L'Avenir, Aurélie Moreau)
Personne en chair et en os n’a été intronisé samedi, lors du 200e chapitre de la confrérie des Quarteniers de la flamiche. "Comme c’était les 70 ans de la confrérie, on a voulu organiser les choses différemment, raconte Marc Navet, Grand Rhétoriqueur. Plutôt que d’introniser Pierre, Paul ou Jacques, on s’est dit qu’on allait introniser des Dinantais célèbres." Pour ses 50 ans, la confrérie avait déjà promu Quarteniers de manière inédite cinq personnalités dinantaises incontournables (Wiertz, Patenier, Sax, etc.). "Ici, on en a intronisé cinq autres qui ont cette particularité d’avoir une rue à Dinant. Les Dinantais passent ou habitent dans ces rues-là et ne savent peut-être pas qui ils sont exactement."
L’occasion d’en connaître un peu plus sur "Messires" Henri Blès, Georges Cousot, Édouard Dupont, Albert Huybrechts et Pierre-Joseph Lion. Car chacun a eu droit à son laïus.
Nul n’est prophète…
On a par exemple appris que les peintures du Bouvignois Henri Blès , né dans les années 1500, représentaient paysages, voyages dans le temps et scènes bibliques. Et, comme un tiret avec l’actualité, il passait pas mal de temps à peindre flammes et incendies. Ses œuvres sont admirées dans toute l’Europe, mais aussi outre-Atlantique, en Argentine et aux États-Unis. "À croire que vous personnifiez un peu le proverbe qui dit que nul n’est jamais vraiment prophète en son pays."
On a aussi découvert que Georges Cousot , diplômé docteur en médecine en 1883, avait été chef du service interne à l’hôpital de Dinant. Celui qui a son institut et une rue à son nom à Dinant, a aussi été membre du conseil supérieur d’hygiène. Il fera de la santé publique sa préoccupation quotidienne. "Vous avez fait en sorte de toujours vouloir améliorer les conditions de vie, jusqu’alors déplorables, de la classe ouvrière des mineurs et des carriers qui à Dinant venaient faire carrière." Il a aussi été échevin à Dinant, conseiller provincial, sénateur et fondateur de l’aile démocrate chrétienne du parti catholique. Il a fondé l’Université populaire, l’UP. "École qui enseignait, au départ, les métiers liés au travail du fer et qui a fêté, en 2023, ses 100 ans. Faut le fer!"
Troisième intronisé à titre posthume, Édouard Dupont . Docteur en sciences naturelles, anatomiste, explorateur, géologue, paléontologue, préhistorien, il a été le premier archéologue à être mandaté officiellement, en 1864 par les responsables de notre gouvernement, pour étudier en long et en large le sous-sol de notre pays "afin de savoir comment on vivait chez nous à l’âge de pierre". Il a exploré toutes les cavernes de la région, dans la vallée de la Meuse, de la Lesse, de la Molignée et du Flavion. Il a terminé sa carrière à Bruxelles comme directeur du musée royal d’histoire naturelle.
Autre personnalité exhumée, le musicien et compositeur Albert Huybrechts , entré au Conservatoire royal de Bruxelles à 11 ans, il y a décroché un premier prix 5 ans plus tard. Celui que l’on disait "très peu mondain, torturé et très secret", composera de la musique symphonique, de chambre, d’orgue, de piano, des sonatines et autres pièces pour violoncelle et alto. Une écriture musicale influencée par Debussy et Ravel. Petit "bémol ", ses tentatives dans des projets plus "fous, comme la culture intensive des champignons, la reproduction de chiens de race ou le commerce de pianos d’occasion." Le musicien est décédé à l’âge de 39 ans.
Jusqu’à la cour du Saint Empire Germanique
Enfin, on sait désormais que le pastelliste distingué et poétique Pierre-Joseph Lion , né à Dinant en 1809, qui dispose d’un square à son nom, était un spécialiste des portraits de personnalités françaises de son époque. Il a gravi les échelons "jusqu’à la cour de l’empereur du Saint Empire Germanique pour y peindre Joseph II, l’Impératrice Isabelle et toute sa clique." Attiré par les couleurs vives, il a même donné des cours de dessin à la noblesse. À 37 ans, il était de retour à Dinant, pour apprendre le dessin à des débutants. Exposé à Londres, il avait esquissé des croquis de la Collégiale de Dinant. "Une ou deux œuvres, si on regarde bien, et ce n’est pas facile, sont exposées aujourd’hui quelque part dans notre hôtel de Ville…"
Sont intronisées, les personnes qui ont marqué un intérêt certain pour Dinant et son folklore.
Cette tarte au fromage maigre embaume les rues de Dinant depuis plusieurs siècles.
Agrémentée des chants de la chorale des Joyeux Quarteniers, ce repas festif se déroule le 3er samedi d'avril, le 1ième de septembre et le 2ième de décembre.