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188° Chapitre

DINANT

La "Disnée", le rendez-vous select du folklore dinantais (L'Avenir, Aurélie Moreau)

Scapin

L’accès à la soirée est strict: on n’entre pas si on n’est pas convié par un Quartenier (chacun peut inviter deux personnes). Au niveau vestimentaire, la tenue de Ville est exigée. "On aime garder un certain standing, confie Guy Demelenne, Grand Sénéchal de la confrérie. On demande au minimum la cravate. C’est guindé sans vraiment l’être. À la fin, tout le monde fait tourner les serviettes… " Philippe Scaillet, le Grand Argentier, glisse, amusé: "Pour ceux qui n’ont pas de cravate, on en a des moches à l’entrée."

En tout, 500 convives sont acceptés. "On doit souvent refuser du monde ", poursuit celui que l’on surnomme amicalement l’oncle Picsou.

À l’entrée de la salle balnéaire (on y accède via le Casino), l’accueil est chaleureux. Le Grand Maître, Henri Bourdon, prend soin de saluer un à un les invités. Une fois à l’intérieur, on croise des personnes de tout bord, de tout âge. Certains portent le gorgerin (collier qui permet de distinguer les Quarteniers des autres). Dans l’assemblée, de nombreux édiles sont là. Et pas que des Dinantais. Car la Disnée, qui se tient trois fois par an, on le comprend vite, c’est "the place to be".

Durant deux ans, le rendez-vous du folklore dinantais a été suspendu, Covid oblige. "On avait peur avec la crise, mais les gens reviennent", souffle Philippe Scaillet.

Ce rendez-vous, en fait, certains ne le rateraient pour rien au monde. "Les premiers qui paient sont les premiers inscrits, poursuit-il. Mais le problème, c’est que certains paient leur inscription à l’avance, avant même qu’on lance les invitations, pour être sûrs d’être invités. En tant que trésorier, je les rembourse pour que tout le monde soit sur le même pied ". Cette fois, suite à des désistements, on n’a finalement dû refuser personne.

"Pire qu’un mariage…"

Samedi, il est 20 h lorsque la "Disnée" s’ouvre officiellement, au son des cors de chasse des Veneurs de la Meuse. Le premier service de flamiche démarre en grande pompe. On fait honneur à la tarte traditionnelle.

À table, le placement des 500 convives a été étudié. Rien n’est laissé au hasard. "On doit tenir compte des desiderata des uns et des autres. C’est pire qu’un mariage! On ne sait pas le nombre d’heures qu’on passe pour tout préparer…", lâche le Grand Maître Henri Bourdon.

La logistique de ce chapitre d’hiver est impressionnante. Près de 500 bouteilles de vin (blanc et surtout rouge) sont sorties de cave. "On prévoit large", souffle Jean-Marc Van Rossem, le Maître Sellier. Le vin provient de Savigny-lès-Beaune, avec qui la confrérie échange depuis 50 ans. Treize voisins français d’ailleurs sont là. "La Bourgogne aime Dinant", lâche Guillaume Camus, dont le vin blanc, fruit de ses vignes, est servi durant le repas.

Le service de la flamiche est assuré par les membres du Grand Conseil eux-mêmes. Quelques étudiants donnent aussi un coup de main. "On sert le vin, on débarrasse, confie Noé Beaujot. Souvent, les étudiants, ce sont des enfants des membres de la confrérie. Je suis un des seuls à ne pas être dans le cas", sourit-il. Sur les tables, les 35 poivriers posés ont fait l’objet d’un contrôle minutieux, assuré par Jacky Perpète, le Grand Intendant.

Entre les services de flamiche (trois en tout), la chorale des Joyeux Quarteniers anime. C’est rythmé, c’est guinguette, c’est plein d’humour. À table, les convives se tiennent par les bras, se balancent de gauche à droite. On reprend en chœur le ban bourguignon, on s’agite sur un air d’Oberbayern. Et puis on fait tourner les serviettes. À 500, lorsque tout le monde s’y met, c’est quelque chose…

À la Disnée, on mange et on chante flamiche. Après le repas, qui se termine par le Chant des Wallons et le Bia bouquet, place à la "sauterie", à la soirée dansante. Avant le rangement et le débriefing du lendemain. "C’est à chaque fois encore un grand moment de folklore", termine le Grand Maître.