BlesNous allons débuter ce chapitre par l’intronisation d’un étranger.

Non pas parce qu’il provient de Bouvignes mais, avant tout, parce qu’il est né il y a très longtemps, vers les années 1500, et donc, en toute logique, bien avant la naissance de notre royaume de Belgique.

Vos compositions, cher peintre, qui Dürer aussi longtemps que celles de votre contemporain et collègue allemand sont caractérisées par des paysages et des voyages dans le temps.

Votre peinture fait la jonction entre celle du Moyen Âge, sans trop de nuances, et la nouvelle vision du monde qui est celle de la Renaissance.

La précision de votre trait alliée à une construction sur différents plans sont très souvent transcendés par une sorte de flou évanescent.

Peu d’autoportraits, comme si vous étiez vous-même évanescent tel un fantôme Même si certains spécialistes croient vous reconnaître sous les traits de Saint Jérôme sur plusieurs de vos tableaux religieux car vous avez très souvent peint des scènes bibliques tirées soit de l’Ancien Testament soit des évangiles ou des épaules de Saint Pitre…euh, pardon…des épitres de St Paul ! (Excusez-moi de m’être emmêler les pinceaux, juste pour être drôle…)

Comme pour faire écho aux incendies qui ravagèrent l’Europe cet été, vous vous êtes également adonné à ce thème souvent traité par les artistes du seizième siècle qui ont peint des flammes sans pitié en jaune, en orange et en rouge dans une nature ravagée.

C’est cela aussi un artiste : avec de simples pigments et quelques pastels, par-delà les siècles, être un témoin intemporel qui vous interloque  directement, sans aucun fard, sans aucun bluff, vous permettant de porter sur les incendies un regard …flambant neuf !

On peut admirer vos œuvres dans toute l’Europe, essentiellement en Italie mais aussi outre-Atlantique, en Argentine et aux États-Unis.

À croire que vous personnifiez un peu le proverbe qui nous dit que nul n’est jamais vraiment prophète en son pays.

Tout au long de votre carrière, vous aviez coutume d’esquisser une chouette qui vous prêtait une de ses plumes pour signer vos œuvres de manière très subtile.

Bizarrement, un rapace pour apposer votre griffe, ça n’avait rien de…volatile.

Mais vous ne signerez pas notre Livre d’or cet après-midi.

La vie vous a quitté et l’oiseau, lui, a quitté son nid.

Qu’importe, vous entrez ce jour dans une Confrérie qui n’a, malheureusement, cher peintre, que deux coloris mais dont la palette est aussi aux mains d’un prénommé Henri.

Et tous les Quarteniers de la Flamiche dinantaise sont convaincus que vous y serez à l’aise, Blès.